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Définition

 

Sola Scriptura, ce point central qui différencie un catholique d’un protestant, est la confession de trois vérités :

1. Les Ecritures sont l’autorité, non pas unique, mais suprême au-dessus des autres autorités établies par Dieu.
2. La clarté des Ecritures en ce qui concerne les vérités nécessaires au salut.
3. La suffisance matérielle des Ecritures, c’est-à-dire que celles-ci contiennent tout ce qui est nécessaire au salut.

Les catholiques romains rejettent généralement les 2 premiers points. Pour ce qui est du troisième point, certains adoptent une position appelée Tridentine (selon le Concile de Trente) qui considère que la vérité divine est contenue en partie dans les Ecritures, en partie dans la Tradition. D’autres, en s’appuyant sur le Concile Vatican II, considèrent que l’Ecriture est matériellement suffisante mais que, puisque l’Ecriture n’est pas claire, la Tradition sert d’interprète des Ecritures.

Je reconnais d’avance que cette série d’articles sera très contestée, étant donné qu’une évaluation patristique du Sola Scriptura nécessiterait un livre entier. Le but des articles est donc simplement d’apporter des citations des pères à étudier dans leur contexte. Des citations où ceux-ci semblent affirmer un ou plusieurs des points du Sola Scriptura, en particulier les 2 premiers qui sont les plus polémiques. Pour cela, je me suis grandement aidé de mes lectures des pères et de l’article de Reformed Apologetics Ministries à ce sujet.

Témoignage des pères

 

Passons donc aux citations. En commençant par Cyrille de Jerusalem (313-386).

Car, concernant les saints et divins mystères de la Foi, pas une seule affirmation, même occasionnelle, ne doit être faite sans les Saintes Écritures. Nous ne devons pas non plus être égarés par la plausibilité ou les artifices du langage. Même en ce qui me concerne, moi qui vous dit ces choses, ne m’accordez pas absolument votre foi, si ce n’est lorsque vous avez reçu les preuves de ce que je vous annonce par les Divines Écritures. Car le salut auquel nous croyons ne repose pas sur un raisonnement ingénieux, mais sur une démonstration des Saintes Écritures.
Cyrille de Jérusalem, Catéchèses baptismales, 4.17

La foi (…) a été établie solidement à partir de toutes les Ecritures.

Cyrille de Jérusalem, Catéchèses baptismales, 5.12

Mais maintenant, ne vous arrêtez pas sur mes arguments, de peur d’être égaré par eux, car tant que vous n’avait pas reçu le témoignage des Prophètes sur chaque sujet, ne croyez pas ce que je dis. Oui, ne me croyez pas tant que vous n’avez pas appris ces choses des Saintes Écritures…
Cyrille de Jérusalem, Catéchèses baptismales, 12.5

Ici, Cyrille confesse le premier point du Sola Scriptura en affirmant que toute déclarations au sujet de la foi doit être faite sur la base des Écritures et en ajoutant que ses enseignements ne doivent pas être reçu si ses lecteurs n’en ont pas eu la confirmation par l’Ecriture. Il présuppose ici que ses lecteurs peuvent comprendre les Ecritures auquel il fait appel et confesse ainsi implicitement la clarté de celles-ci. Mais si toute déclaration sur la foi doit (et donc peut) être basée sur les Écritures, c’est que celles-ci sont aussi matériellement complètes ou suffisantes.

Ces citations sont d’autant plus significative quand on considère que Cyrille destinait cela à de nouveaux croyants auxquels il voulait apprendre les bases de la foi. Ainsi, les réformés ont souvent dit que l’Ecriture était si claire au sujet du moyen de salut que le plus humble et simple des croyants pouvait comprendre ce qu’elle disait.

Toutefois, certains apologètes catholiques comme Joseph Gallegos (Joseph Gallegos, What did the Church Fathers Teach?, ed. Robert Sungenis, Not by Scripture Alone, [Queenship Publishing Company, 1997], p. 458) affirment que Cyrille confesse parallèlement l’autorité de l’Église. Mais, là encore comme souvent, cet apologète semble lire chez Cyrille bien plus que ce qu’il ne dit. Rappelons-le, Sola Scriptura n’est pas la négation de l’autorité de l’Église et de sa Tradition, mais la soumission de ces dernières à l’Écriture. Sola Scriptura diffère grandement de Solo Scriptura. Ainsi, Cyrille confesse l’autorité de l’Eglise en matière de foi, tout en affirmant que toute déclaration doit être scripturaire, ce qui s’accorde avec le Sola Scriptura.

Cyrille de Jerusalem croyait aussi que le Saint-Esprit illuminait l’Esprit du croyant pour lui faire comprendre ce qui est écrit :

Car l’Esprit qui vous habite transforme votre pensée en maison pour Dieu. Quand vous entendrez ce qui est écrit au sujet des mystères, alors vous comprendrez ces choses que vous ignoriez.Cyrille de Jérusalem, Catéchèses baptismales, Prologue, 6

Finalement, même le spécialiste catholique romain Edward Yarnold admet, au sujet de ce père reconnu comme Saint et Docteur par l’Eglise romaine :
Cyrille adhérait à une forme de Sola Scriptura, disant catégoriquement que chaque affirmation quant à la foi doit être basée sur les Ecritures.
(Edward Yarnold, Cyril of Jerusalem, [Psychology Press, 2000], p. 56).

Cet article peut aussi vous intéresser : Les pères de l’Eglise croyaient-ils tous à l’Immaculée Conception ?

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3 commentaires sur « Les pères de l’Église et le Sola Scriptura : Cyrille de Jerusalem »

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